Vendredi 20 novembre 2009

  

L’aménagement du territoire, dévolue au politique, est jalonné de réglementations explicites, mais souvent complexes sur la fonctionnalité de notre société. Telle partie du territoire sera orientée vers l’habitat, telle autre vers l’agriculture, sur cette partie pourront s’étendre les autres activités économiques, là, la nature est reine et doit être respectée. Et tous ces fragments de paysage doivent être liés par des réseaux, routiers, ferrés, de télécommunication, …

 


Si l’aménagement du territoire devait se limiter à répondre aux fonctions de la société, ce ne serait qu’un règlement, au pire, rigide, au mieux, évolutif. Mais le développement impérialiste des hommes est un modèle aujourd’hui reconnu néfaste et il est nécessaire, voire urgent, de prendre en compte la dynamique du vivant dans les réflexions sur l’aménagement du territoire.

 


Notre dépendance aux équilibres de la planète doit être présente autant dans nos consciences que dans nos choix politiques. Il est, par exemple, établi que nous avons autant besoin de l’abeille que de la vache et que le ver-de-terre est plus utile à l’agriculture que la charrue.

 


Les règles que les humains s’inventent, et dont ils doivent ensuite s’accommoder ne correspondent pas forcément à la réalité et à l’évolution du reste de la nature.

 


Une politique écologique consisterait donc à prendre en compte à la fois les nécessités d’organisation de notre société (notamment sur la question du " vivre ensemble "), mais aussi la dynamique naturelle des autres espèces (animales, végétales, …). Le " brassage planétaire " est une réalité bien antérieure à l’invention du terme " mondialisation ". Les plantes, les animaux s’adaptent aussi à notre organisation spatiale ; certains, insignifiant car leur taille ne correspond pas à notre échelle de perception, vont parfois profiter de notre manque de curiosité, se plaire malgré les océans traversés parfois, finalement être considérés comme " invasifs " et faire l’objet de lutte spécifique, à grand renfort d’intelligence destructrice et de profusion d’argent. D’autres, incapables de s’adapter aux bouleversements, qu’ils soient d’origine naturelle ou humaine, vont disparaître sans que l’œil de l’homme ne se soit même arrêté sur eux. D’autres encore, vont faire l’objet de toutes les attentions de la part des hommes : ils s’agit beaucoup d’animaux, mais aussi de plantes. Ils ont comme point commun d’être emblématiques soit par leur fragilité, soit par le lien culturel qu’ils ont réussit (ou subit) à nouer avec les hommes.

 


Gilles Clément
, dans son " Manifeste du Tiers-Paysage ", nous explique la nécessité de ne pas penser l’organisation de nos territoire uniquement sur la base d’une efficacité, mais de prendre conscience que nos aménagements ont un impact sur tout le monde vivant. Il est de notre devoir de respecter la vie la plus infime, la plus insignifiante qui soit sur cette planète, de lui permettre de réagir avec tout son potentiel biologique, génétique face aux bouleversements climatiques qui s’annoncent.

 Téléchargement, libre de droit, du " Manifeste du Tiers-Paysage " - Gilles Clément - 2004

 

 

4ème de couverture :

Fragment indécidé du jardin planétaire, le Tiers-paysage est constitué de l’ensemble des lieux délaissés par l’homme. Ces marges assemblent une diversité biologique qui n’est pas à ce jour répertoriée comme richesse.

Tiers-paysage renvoie à Tiers-état (et non à Tiers-monde). Espace n’exprimant ni le pouvoir, ni la soumission au pouvoir.

 

Il se réfère au pamphlet de Siéyes en 1789 :

" Qu’est-ce que le tiers-état ? – Tout.

Qu’a-t-il fait jusqu’à présent ? – Rien.

Qu’aspire-t-il à devenir ? – quelque chose. "



Par David Pomies - Publié dans : Politique
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Vendredi 13 novembre 2009

Quel peut être le point de vue d’un petit jardinier sur la prochaine conférence internationale de Copenhague sur le climat, annoncée comme l’après Kyoto ?


Bien sûr je pourrais reprendre les argumentaires montrant les influences du réchauffement global de notre planète sur la végétation, sur le développement de telle ou telle espèce, végétale ou animale, au détriment de telle autre. Pourtant, toutes ces questions essentielles seront abordées en long en large et en travers dans les mois à venir, et quand j’envisage les conséquences de la montée des océans, des perturbations sur la biodiversité, j’ai plutôt envie de penser à l’Homme, cet animal si fragile malgré les apparences et ses implications dans les bouleversements à venir.


L’Homme, à l’exception de quelques civilisations de moins en moins nombreuses, est le seul animal à refuser de s’adapter aux équilibres de notre planète. Il a toujours cherché à dominer, à domestiquer la nature. Il s’est octroyé une existence de droit divin qui le plaçait au dessus de tous les autres êtres vivants sur Terre. Il a voulu, et quasiment réussi, à modeler la planète selon son bon désir. Dénigrant, mutilant voire détruisant les autres vies, ses voisines dans l’évolution, considérées comme inférieures, notre civilisation occidentale a poursuivi sa course (infernale). Nous vivons une véritable crise de civilisation et le réchauffement de la planète est peut-être le grain de sable qui va gripper la machine.


Mais en attendant, ceux qui peuvent le moins influer sur cet enchaînement de causes et d’effets sont aussi (encore) ceux qui vont en subir le plus les conséquences. Les réfugiés climatiques sont déjà une triste réalité qui ne fait que commencer. Ces populations qui sont contraintes de quitter leurs lieux de vie, laissent bien plus qu’un toit derrière eux. Ils perdent une organisation sociale, des techniques souvent ancestrales, leur culture, leur ancrage au passé. Ce sont des notions inquantifiables, mais qui constituent pourtant un bien commun de l’humanité, une ethno-diversité que nous ne savons pas apprécier à sa juste valeur. Ces " minorités " sont la véritable richesse de l’humanité, elles constituent un puit incommensurable de connaissances qui nous permettrait de trouver des solutions aux adaptations nécessaires du monde futur, si seulement nous savions les respecter.


A la vue de l’évolution de nos civilisations, il n’y a rien d’étonnant à constater les mutations climatiques en cours. Tout le monde, tous les dirigeants, connaissent les conclusions des rapports du GIEC et les études complémentaires qui présentent les scénarios les plus pessimistes comme les plus probables. On a la connaissance scientifique qui nous permet de prévoir le monde de demain et on a le potentiel technique pour faire évoluer nos modes de vie. Tout le monde sait ça ! Alors l’enjeu de Copenhague n’est pas de se mettre d’accord sur tel ou tel scénario, le plus proche de la réalité, mais bien de Vouloir changer : On sait … mais veut-on ? C’est la seule question à laquelle les dirigeants de cette planète devront, à mon avis répondre. Toute tergiversation sur le degré des modifications à apporter à nos modes de production et de consommation seront inutiles. L’avis du petit jardinier que je suis est que la seule réponse admissible est "Oui, nous voulons changer, nous voulons garantir l’existence et le respect de toutes les cultures, nous voulons garantir aux générations futures quelles pourront vivre sur une planète au moins aussi confortable et riche en diversité biologique et humaine que celle que nous avons reçu !".



En bonus, à consulter absolument :

les reportages du Collectif Argos sur les réfugiés climatiques, ainsi que l’émission "Le dessous des cartes", de Jean-Christophe Victor sur le même thème.
Par David Pomies - Publié dans : Politique
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Vendredi 9 octobre 2009

http://www.sortir32.fr/Lieu/307_ordan_larroque_ordan_larroque/660_foire_aux_plantes_rares

Dimanche 11 Octobre 2009

32350 Ordan Larroque
tél.05 62 64 60 09 (mairie)
Tarifs :Gratuit


Ordan-Larroque, classé 4 fleurs et Grand Prix au concours national du fleurissement, organise chaque année, la foire aux plantes rares, le deuxième dimanche d’Octobre. Passionnés, jardiniers du dimanche ou professionnels se retrouvent au cœur du village.

Vous trouverez près de 30 pépiniéristes de qualité, producteurs et collectionneurs, venus du Grand Sud ouest pour vous présenter leurs plantes rares, méconnues ou différentes et vous donner des conseils avisés.

Sont aussi présents ce jour là : une librairie spécialisée, des outils et du mobilier de jardin, des objets décoratifs… la foire aux plantes est aussi l’occasion pour un artiste, différent chaque année, d’exposer ses œuvres.
Par David Pomies - Publié dans : Jardin
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Vendredi 9 octobre 2009
http://www.toulouse.elusverts.fr/spip.php?article205

La biodiversité s’acclimate à Toulouse9 octobre 2009, par Michèle Bleuse

A l’œuvre depuis 18 mois dans les espaces verts toulousains, l’écogestion ne laisse pas indifférent. Cette nouvelle gestion a soulevé de nombreuses questions, et a même essuyé quelques critiques : certaines sont légitimes et bien compréhensibles puisque l’écogestion crée une véritable innovation ; d’autres, par contre, relèvent plutôt de la mauvaise foi politique (voir ce billet de Jean-Luc Moudenc) et ne font que propager diverses contrevérités opportunistes. Je tiens ici à apporter quelques réponses et éléments d’information, qui permettront, je l’espère, à chacun de pouvoir s’approprier, sans préjugé, ces nouveaux espaces verts.

Gérer durablement, c’est prendre en compte l’amélioration du cadre de vie aussi bien que les impacts environnementaux comme la réduction des pollutions ou la maîtrise de l’usage de l’eau. Le calendrier et la nature des interventions s’en trouvent transformés et les habitants voient germer des Espaces Verts plus respectueux des rythmes naturels. La gestion différenciée permet d’offrir aux toulousains des espaces diversifiés. Elle favorise la biodiversité en même temps que de nouveaux usages.

Petit tour d’horizon en questions - réponses pour en savoir plus…

A quoi sert une politique de gestion durable des espaces verts ?

La gestion durable est un tout, qui se décline en plusieurs objectifs :
- la réduction des pollutions liées aux pesticides et aux engrais,
- le déploiement de la protection biologique intégrée avec toute une palette de modes de régulation naturels, - entre autres, l’utilisation de pièges à base de phéromones, et le développement des prédateurs naturels des parasites (les coccinelles, par exemple),
- l’amélioration du paysage et de la biodiversité avec le renforcement des différents étages de végétation (prairies, arbustes, et arbres, qui constituent des abris et des réserves de nourriture pour la faune),
- la forte augmentation des fleurissements alternatifs avec la plantation de bulbes qui refleurissent dès la sortie de l’hiver, et de prairies fleuries printanières ou estivales,
- la plantation d’arbres fruitiers et de potagers pour des usages sociaux diversifiés.

La gestion durable des espaces verts est-elle une singularité toulousaine ?

Si elle est mise en oeuvre à Toulouse depuis 18 mois, cette politique est déjà très largement déployée dans de nombreuses autres villes françaises, grandes ou petites.

Pourquoi la ville ne fait-elle pas tondre toutes les herbes hautes ?

Les opérations de tonte, de coupe, et de fauchage se poursuivent… mais différemment ! Il ne s’agit plus de traiter tous les espaces de manière homogène et standardisée, mais d’adapter l’entretien à la diversité des usages et de créer une mosaïque d’espaces de natures variées :
- des prairies urbaines créant un environnement champêtre, qui nécessitent une à deux tontes par an. Elles représentent 15 à 20 % des surfaces globales des jardins et espaces verts,
- des surfaces enherbées et tondues très régulièrement sur toutes les zones de jeux et d’activités sportives, de repos et de détente.
- des espaces enherbés non accessibles aux piétons, et qui ne demandent qu’un ou deux fauchages par an (talus, bords de voirie,…),
- et des zones devant être dégagées dès que la sécurité l’exige et pour améliorer la visibilité.

Quel est l’intérêt de conserver des surfaces en prairies urbaines, c’est-à-dire en herbes hautes, de renforcer les plantations d’arbustes et les plantations d’arbres ?

Il y a là un double intérêt. D’une part, il s’agit de proposer l’accès à des paysages champêtres, aussi bien sur le plan visuel que pour le contact direct. Et c’est le moyen, d’autre part, de favoriser la diversité végétale et animale en ville.

La présence de tiques ou d’aoutas est-elle favorisée par cette végétation non fauchée ?

Non ! Les tiques sont transportées par les animaux et la hauteur de l’herbe n’a pas d’incidence directe sur leur présence. Quant aux aoutas, ils surgissent aux périodes de sécheresse… et quelque soit la hauteur de l’herbe. Bien sûr, je ne peux pas nier que les herbes hautes favorisent la présence d’insectes. Ce qui est, en soi, une bonne chose car l’immense majorité de ceux-ci ne pose aucun problème… Vivre dans un monde aseptisé n’a rien de plus enviable !

Et les incendies ?

La prévention des incendies appelle des tontes ou des fauchages plus réguliers à proximité des habitations ou des parkings, mais les actes de malveillance ne peuvent à eux seuls guider notre gestion. D’autre part, je dois rappeler que, pour un certain nombre, les incendies de cet été ne se sont pas déclarés sur des parcelles gérées par le service des Espaces Verts. C’est d’ailleurs le cas des incendies qui ont été médiatisés, qui concernaient pour l’essentiel des parcelles privées !

Voilà résumées les grandes lignes d’une politique complexe, et qui s’inscrit dans le temps. Après ces 18 premiers mois de mise en place, l’écogestion a fait face à de petits déboires, et a donné lieu aux premières embellies floristiques. Je le constate volontiers : la gestion durable motive un changement d’approche, et bien souvent de regard. Chacun, personnel municipal comme habitants, est invité à s’approprier cette nouvelle physionomie de nos espaces verts.

Par David Pomies - Publié dans : Jardin
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Vendredi 14 août 2009
Article Sud-Ouest du jeudi 13 Août 2009

" La question peut prêter à sourire mais elle n'est pas si naïve que cela. Pourquoi la majorité des agriculteurs irriguent-ils avec des enrouleurs et non pas par un système de goutte-à-goutte ? Au plus fort des températures, on voit souvent dans les champs des canons d'irrigation pulvériser l'eau au pic du soleil.

Sachant que ce système laisse s'évaporer la moitié de l'eau, comment se fait-il, dans un contexte environnemental où l'on se rend compte que l'eau devient précieuse, qu'un système plus économe n'ait pas été mis en place ? À cause de contraintes financières et techniques trop lourdes.


Plutôt pour les salades

Le goutte-à-goutte existe mais se révèle très difficile à mettre en place dans un champ de céréales. « On commence à le voir dans les cultures de légumes, explique Mickaël Dupuy de Otech 40, une société d'irrigation agricole à Montestruc. Pour les salades et les pommes de terre par exemple, c'est moins compliqué car les rangs sont plus espacés et plus bas que des hectares de maïs. Je pense effectivement qu'il va falloir trouver de nouvelles techniques pour limiter le gaspillage d'eau. »

Pour Rémi Fourcade, de la FDSEA, « le goutte-à-goutte est le plus économe en eau car il arrose au pied de la plante. Il n'y a donc pas de perte. Mais il est aussi celui qui coûte le plus cher. Sur des dizaines d'hectares de maïs, c'est trop lourd. »

Lors du Salon mondial des fournisseurs de l'agriculture, les professionnels précisaient qu'en France, « 80 % de l'irrigation se fait par aspersion en grandes cultures, 14 % sous forme gravitaire et 6 % par goutte-à-goutte ou micro-aspersion ».


Trop difficile

Outre le coût du goutte-à-goutte à l'installation, ce système induit des contraintes techniques importantes. Il faut que le tuyau passe au pied de chaque plante. Difficile donc de déménager les kilomètres de tuyau tous les matins.

Il est plus facilement utilisé dans des cultures qui ne nécessitent pas de déplacement, comme les vergers. De plus, il évite les maladies dues à l'arrosage sur les feuilles.


Le pivot

Le système qui se rapproche le plus du goutte-à-goutte est le pivot, une rampe qui tourne. Les qualités d'irrigation sont meilleures car la pression est mo ins forte que sur un enrouleur. Ainsi, la terre est moins meurtrie.

En réalité, l'arrosage avec un canon-enrouleur peut s'apparenter, pour la terre, à un gros orage car l'eau compacte le sol. Le pivot, au contraire, pulvérise l'eau à une pression moindre, le ruissellement s'en trouve diminué, il engendre donc moins de gaspillage.

Dans un contexte où l'eau se raréfie, on n'est pas prêt de voir disparaître les canons d'irrigation dans les campagnes.

Auteur : gaëlle richard "

Mon commentaire :

Le goutte à goutte est effectivement le système le plus économe en eau, mais il présente aussi l'inconvénient d'inciter les plantes à développer leurs racines en surface, les rendant beaucoup plus sensibles aux décifits hydriques. Il n'est, à mon avis pas adapté aux grandes cultures du fait de leur densité, et du travail (coût et temps) qu'une telle installation nécessiterait.

Le fond du problème concernant la "raréfaction" de l'eau et surtout sa qualité sanitaire et environnementale, n'est pas le mode d'arrosage. La production de maïs, grand consommateur d'eau et de pesticides, pour nourrir un bétail que nous consommons en trop grande quantité, tous les nutritionnistes le martellent depuis longtemps, est ce qu'il faut pointer du doigt. Notre agriculture (producteurs, institutions et aussi consommateurs) doit reconnaitre ses déviances et se montrer enfin raisonnable (et pas raisonnée!). Pour faire court, je pense qu'il est aujourd'hui urgent de repenser l'usage des surfaces irrigables. On sait qu'à surface égale, une prairie bien gérée est plus nourrisante que du maïs. Alors remettons les animaux à l'herbe, et utilisons les réseaux d'irrigation pour développer les productions de fruits et légumes dont nous avons tant besoin, du point de vue nutritionnel mais aussi de la souveraineté alimentaire.
Par David Pomies - Publié dans : Agriculture
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