" Un petit chemin bordé de violettes. Ce petit chemin n’a ni queue ni tête … " et pourtant on se dit qu’on
aimerait bien avoir le même chez soi : de beaux arbres formant une voûte majestueuse à l’ombre salutaire en été, fréquenté de nombreux oiseaux dont les chants égaillent notre promenade. Cette
scène très bucolique est assez facile à réaliser, pour peu que l’on ait la place évidemment, mais on se retrouve vite confronté à une question : quelle place doit-on laisser à la nature dans
l’espace que l’on considère nous appartenir ? En effet, les jours de pluie, ce chemin se transformera en patinoire de boue : ne faudrait-il pas le couvrir de graviers ? et ces grands arbres
au-dessus vont perdrent leur feuilles l’hiver, couvrant le chemin et salissant les graviers : il faudra alors ramasser les feuilles … et les violettes de la chanson, d’abord, c’est pas sûr
qu’elles poussent, et puis elles vont se faire envahir. D’ailleurs, au-delà de la lisière, c’est un peu le fouillis, il va falloir débroussailler tout ça ! …
Ce petit exemple nous pousse à aborder plusieurs questions : Un jardin naturel peut-il être la copie d’un espace naturel ? Peut-on faire des compromis esthétiques ou fonctionnels ? Comment
appréhender certains " inconvénients " de la nature ? Comment accepter ce qui nous paraît être désordonné ? Je n’ai pas la prétention de pouvoir donner des solutions universelles, mais seulement
mes propres avis, issus de lectures, de réflexions , de visites de jardins et surtout de la fréquentation régulière de la nature.
Vouloir jardiner de façon naturelle, c’est donc remettre constamment en question son rapport à la nature de façon
à trouver le meilleur équilibre possible entre respect de l’environnement et préservation de notre espace de vie. En effet, en tant qu’animal habitant cette planète, j’ai droit, au même titre que
les autres êtres vivants de m’aménager un espace me permettant de vivre le plus confortablement possible. Notre conscience et notre relative intelligence devrait nous permettre de trouver cet
équilibre, mais il est affligeant de constater que les hommes ont toujours préféré agir de manière " impérialiste " vis à vis des autres espèces ; l’érosion actuellement très rapide de la
biodiversité est malheureusement un indicateur révélant cet état de fait. Il ne tient qu’à nous de montrer qu’il peut en être autrement.
