On considère encore trop souvent que la notion de jardin se définie d’abord comme un espace clôt.
C’est quelque chose qui m’a toujours surpris. Il ne faut bien sûr pas s’interdire d’utiliser les haies ou les clôtures pour structurer des espaces dans son jardin, mais le fait de préserver des
arbres déjà implantés, de ne pas les dénaturer en les entretenant en douceur ou de choisir des essences locales et d’utiliser la dynamique de la nature (notion sur laquelle je reviendrais plus
tard) pour avoir des espaces de transition " jardin-espace naturel ", donc le fait de vouloir rapprocher le jardin des espaces naturels permet de repousser ces frontières. Et si on a la
possibilité d’influer au delà de son jardin, on peut imaginer que la conservation de landes, de bois, de friches, liés par les haies bocagères, mais aussi les accôtements routiers gérés
raisonnablement doit participer à faire évoluer la définition du jardin.
En ville, on parle de " trame verte " (il s’agit en général de bande de gazon et d’alignement d’arbres … bien que les exemples de gestion différenciée commencent à se multiplier), mais cette
trame ne s’arrête pas (ou ne devrait pas s’arrêter) au panneau de sortie d’agglomération ; elle doit poursuivre sa route et rencontrer les platanes (les rescapés, en tout cas) et les haies, et
tous les jardiniers qui le désirent doivent pouvoir s’y relier.
Il n'existe donc pas réellement de frontière entre les jardins et le reste de la nature. La notion de frontière est une invention humaine qu'il s'impose et voudrait imposer aux autres, mais qui
n'a pas de réalité en dehors des juridictions des hommes. Les plantes et les animaux voyagent depuis toujours et profitent même aujourd'hui des techniques humaines (avions, bâteaux, camions) pour
se déplacer plus vite et plus loin, avec des conséquences plus ou moins importantes sur les écosystèmes et sur certains secteurs économiques. Il faudra que l’on discute un jour des plantes
" invasives " …
