Quel peut être le point de vue d’un petit jardinier sur la prochaine conférence internationale de Copenhague sur le climat, annoncée comme l’après
Kyoto ?
Bien sûr je pourrais reprendre les argumentaires montrant les influences du réchauffement global de notre planète sur la végétation, sur le développement de telle ou telle espèce, végétale ou
animale, au détriment de telle autre. Pourtant, toutes ces questions essentielles seront abordées en long en large et en travers dans les mois à venir, et quand j’envisage les conséquences de la
montée des océans, des perturbations sur la biodiversité, j’ai plutôt envie de penser à l’Homme, cet animal si fragile malgré les apparences et ses implications dans les bouleversements à
venir.
L’Homme, à l’exception de quelques civilisations de moins en
moins nombreuses, est le seul animal à refuser de s’adapter aux équilibres de notre planète. Il a toujours cherché à dominer, à domestiquer la nature. Il s’est octroyé une existence de droit
divin qui le plaçait au dessus de tous les autres êtres vivants sur Terre. Il a voulu, et quasiment réussi, à modeler la planète selon son bon désir. Dénigrant, mutilant voire détruisant les
autres vies, ses voisines dans l’évolution, considérées comme inférieures, notre civilisation occidentale a poursuivi sa course (infernale). Nous vivons une véritable crise de civilisation et le
réchauffement de la planète est peut-être le grain de sable qui va gripper la machine.
Mais en attendant, ceux qui peuvent le moins influer sur cet enchaînement de causes et d’effets sont aussi (encore) ceux qui vont en subir le plus les conséquences. Les réfugiés climatiques sont
déjà une triste réalité qui ne fait que commencer. Ces populations qui sont contraintes de quitter leurs lieux de vie, laissent bien plus qu’un toit derrière eux. Ils perdent une organisation
sociale, des techniques souvent ancestrales, leur culture, leur ancrage au passé. Ce sont des notions inquantifiables, mais qui constituent pourtant un bien commun de l’humanité, une
ethno-diversité que nous ne savons pas apprécier à sa juste valeur. Ces " minorités " sont la véritable richesse de l’humanité, elles constituent un puit incommensurable de connaissances qui nous
permettrait de trouver des solutions aux adaptations nécessaires du monde futur, si seulement nous savions les respecter.
A la vue de l’évolution de nos civilisations, il n’y a rien d’étonnant à constater les mutations climatiques en cours. Tout le monde, tous les dirigeants, connaissent les conclusions des rapports
du GIEC et les études complémentaires qui présentent les scénarios les plus pessimistes comme les plus probables. On a la connaissance scientifique qui nous permet de prévoir le monde de demain
et on a le potentiel technique pour faire évoluer nos modes de vie. Tout le monde sait ça ! Alors l’enjeu de Copenhague n’est pas de se mettre d’accord sur tel ou tel scénario, le plus proche de
la réalité, mais bien de Vouloir changer : On sait … mais veut-on ? C’est la seule question à laquelle les dirigeants de cette planète devront, à mon avis répondre. Toute tergiversation sur le
degré des modifications à apporter à nos modes de production et de consommation seront inutiles. L’avis du petit jardinier que je suis est que la seule réponse admissible est "Oui, nous voulons
changer, nous voulons garantir l’existence et le respect de toutes les cultures, nous voulons garantir aux générations futures quelles pourront vivre sur une planète au moins aussi confortable et
riche en diversité biologique et humaine que celle que nous avons reçu !".
En bonus, à consulter absolument :
Mobiliser l'électorat sur
les européennes, alors que tout le monde est à la plage, tel était l'enjeu hier soir pour José Bové, la tête de liste Europe Écologie pour le Sud-Ouest qui tenait meeting à Talence, dans la
banlieue bordelaise. Le syndicaliste paysan n'était pas venu seul pour ce grand rendez-vous aquitain. Yannick Jadot, le n° 1 de la liste pour la circonscription ouest, l'accompagnait avant de se
rendre aujourd'hui et demain en Charente-Maritime et en Vendée pour travailler sur la reconversion de l'industrie nautique.
